Découvrez ce que ça fait d'éclater un buste millénaire

Capture de l'écran par l'auteur via

On vous avait relayé il y a deux semaines l’histoire du hackage 3D du célèbre buste de la non moins fameuse reine d’Égypte, Néfertiti, par deux artistes allemands anti-colonialistes. On avait nous aussi un peu tiqué en lisant qu’ils avaient réussi leur forfait à l’aide d’une simple Kinect mais faute d’informations plus précises, nous n’avions pas remis en cause leur témoignage. Des geeks se sont chargés de le faire, démontrant que la Kinect ne pouvait techniquement pas donner un scan d’aussi bonne résolution que celui diffusé par Nora Al-Badri et Jan Nikolai Nelles.

Le duo milite, sinon pour la restitution des oeuvres spoliées par les nations occidentales, du moins pour une meilleure accessibilité aux oeuvres, notamment via un accès numérique — l’Égypte n’a jamais revu sur son sol le buste de Néfertiti depuis sa découverte par des archéologues allemands et son départ pour le Neues Museum de Berlin. Al-Badri et Nelles justifient l’imbroglio autour du scan en disant avoir eu recours à un hacker — dont ils ne souhaitent pas dévoiler l’identité — qui aurait ainsi pu les flouer et leur livrer, en lieu et place de la modélisation des données qu’ils ont recueillies au Neues Museum, soit d’un scan d’une copie du buste, soit du scan original — jalousement gardé par l’institution allemande. En l’absence d’éléments certains, l’histoire est ouverte à toutes les interprétations.

En attendant d’en savoir plus, vous pouvez vous amuser avec la version interactive du buste par Mateusz Marcinowski, alias Marpi, un développeur polonais basé à San Francisco, réalisée à partir du scan hacké. En cliquant ici, vous pourrez donc littéralement exploser la gueule de Néfertiti.

GIF de Marpi à partir du scan 3D d'Al-Badri et Nelles